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Portrait de Makers #33 > François Mocq

 

Homme aux multiples compétences et savoir-faire, François Mocq ne cesse d’apprendre. Passionné d’électronique et de nouvelles technologies depuis ses 10 ans, c’est en tant que chimiste qu’il a commencé sa carrière. Aujourd’hui, et avec une riche expérience acquise dans plusieurs domaines, c’est en tant qu’auteur, et expert de Raspberry Pi que François alimente le blog Framboise314, véritable référence en la matière.

– Qui êtes-vous ?

J’ai 65 ans, retraité actif, radioamateur, passionné d’informatique, plein de projets en cours et encore plus en prévision. J’ai été formateur et j’aime toujours « faire passer » l’information et aider ceux qui se lancent dans le monde des Makers.

– Passionné d’électronique depuis l’âge de 10 ans, l’engouement pour cette discipline ne vous a jamais quitté. D’où vous vient cette passion ?

C’est difficile à dire…  on est dans le début des années 1960. Je suis fasciné par le poste de radio à tubes qui trône dans la maison et la possibilité qu’il offre d’écouter les ondes courtes…ensuite est arrivé le premier poste à transistors qu’on a installé dans la cuisine… Pour changer les piles (2 piles de 4,5v) il fallait ouvrir le fond (tenu par 2 pressions) et on découvrait le circuit en bakélite. Mes parents se sont rendu compte de mon intérêt et m’ont offert un coffret « Philips » pour Noël, ce qui m’a permis de réaliser mes premiers montages… avec des transistors au germanium.

– Électronicien de formation puis informaticien, vous êtes aujourd’hui auteur, et conférencier spécialiste du Raspberry Pi. Quel a été votre parcours ?

D’origine je suis chimiste, avec un DUT spécialisé en pétrochimie… Je suis arrivé sur le marché du travail en 1973, après le premier choc pétrolier… Pas de boulot !  J’ai appris l’électronique à l’Armée de l’Air, puis j’ai dépanné les avions Jaguar pendant plusieurs années. À la fin de mon contrat je suis entré chez Matra Telecom pour faire de la maintenance de systèmes de radio téléphonie et de transmission de données par radio, de télémesure en sous-porteuse sur les lignes téléphoniques.

C’est à cette époque qu’est apparu, dans les appareils que je maintenais, le premier microprocesseur Z80. Je suis reparti 2 ans en cours du soir pour comprendre cette technologie et apprendre à programmer (en assembleur à l’époque). J’ai décidé que l’informatique serait mon nouveau métier et j’ai rejoint une jeune entreprise qui créait des machines spéciales pour l’industrie, des stations de CAO à base de processeur 6800. J’ai assuré la maintenance de ces systèmes pendant plusieurs années, et j’ai formé les nouveaux techniciens qui arrivaient.

Finalement j’ai bifurqué vers ce métier de formateur en intégrant l’AFPA (Association de Formation Professionnelle pour Adultes). J’ai formé des dépanneurs de PC au début (1985). À l’époque on dépannait au composant la carte mère, l’alimentation à découpage ou le lecteur de disquettes… J’ai formé des techniciens niveau BAC et DUT à l’informatique, à la programmation en assembleur, en C, au temps réel, etc. Ensuite avec l’arrivée des serveurs, du réseau, de Linux, j’ai continué à me former et à évoluer dans le métier. Je pratiquais l’Arduino, mais l’arrivée du Raspberry Pi m’a ouvert de nouvelles portes avec une carte peu chère, exceptionnellement universelle, sous Linux et ouvertes au monde de l’électronique…

– Que signifie pour vous l’arrivée du Raspberry Pi ?

Ça a été une bouffée de jeunesse ! J’ai retrouvé l’esprit que j’avais connu quand j’ai appris l’informatique avec le ZX81 (mon premier ordinateur personnel) puis le Commodore 64. C’est à cette époque que j’ai publié mes premiers articles dans les revues spécialisées. L’informatique a ensuite été « capturée » par les PC, MAC, puis les smartphones et les tablettes ! Mais utiliser ces machines, ce n’est pas comprendre ou apprendre l’informatique. Avec le Raspberry Pi on allait enfin permettre aux nouvelles générations – surtout aux filles- de découvrir l’informatique, la vraie… Celle qu’on programme soi-même, qui allume des LED, fait tourner des moteurs ou détecte une présence dans une pièce. C’est pour cela que je me suis investi sur cette petite carte et que j’en fais la promotion. C’est un outil d’apprentissage extraordinaire.

– Framboise 314 est le blog de référence consacré au Raspberry Pi en France. Depuis quand existe-t-il, et qu’y trouve-t-on ?

J’ai démarré le blog en 2012, quand j’ai reçu mon premier Raspberry Pi. Je n’ai pas été assez rapide pour le commander le premier jour (le 29 février). J’ai donc reçu mon premier RasPi en juin. Comme beaucoup de monde, j’ai alors créé un blog, un peu comme un bloc-notes qui me permettrait de mémoriser mes expériences. Et puis… Il y a eu de plus en plus de visiteurs intéressés. Aujourd’hui ce sont environ 3 à 4000 personnes qui viennent sur le blog chaque jour. Pour des articles récents, il y a eu des pointes à 8 et 10000 visites dans la journée… On y trouve des tutoriels sur un tas de domaines, les nombreuses cartes d’extension, les systèmes d’exploitation, les logiciels particuliers. Il y a aussi de l’information sur les manifestations Raspberry Pi, des articles sur l’utilisation du Raspberry Pi dans le monde industriel, etc.

De nombreux auteurs ont choisi framboise314 pour publier leurs réalisations et c’est un grand plaisir de les accueillir

Aujourd’hui on approche les 1000 articles publiés, soit une moyenne de 3 articles par semaine depuis le lancement de framboise314.

– Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier en date que vous avez écrit avec Sarah Lacaze : « Scratch et Raspberry Pi ». Que peut-on y apprendre, ou peut-on se le procurer ?

Dans ce livre il y a des projets qui sont réalisables par des enfants  (8-10 ans) encadrés par un adulte. Il peut aussi servir pour des enfants plus âgés (11-12 ans) en autonomie ou dans le cadre d’une classe de collège. Et pourquoi pas également à des enseignants ou à des parents qui veulent découvrir la programmation et l’électronique tout en s’amusant ? La programmation se fait en Scratch et le Raspberry Pi est utilisé pour piloter des périphériques, lire des capteurs, etc.

Les projets sont de difficulté progressive. On trouve des dispositifs de signalisation (feu rouge, passage à niveau), un appareil Morse, un Mastermind, un jeu de Simon, un jeu de tir et sa manette de jeu, un distributeur de bonbons, un jeu de cibles, une voiture robot et un labyrinthe avec une Pi caméra.

Avec Sarah qui est médiatrice scientifique et intervient dans ce domaine auprès d’enfants, nous animons des ateliers pour faire découvrir Scratch et ses possibilités de piloter des composants externes avec des enfants de 8 à … 78 ans J

Ce livre est disponible directement auprès des éditions ENI mais aussi auprès de nombreux revendeurs de Raspberry Pi, en France et dans les pays francophones.

– Avez-vous d’autres ouvrages en préparation, si oui lesquels ?

Pour le moment, j’assure une veille technologique sur les évolutions de la famille Raspberry Pi et sur le système d’exploitation Raspbian. Si le Raspberry Pi 4 (tant attendu) sort (fin février ?) je vais sans doute rédiger un nouveau livre sur ce modèle.

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